Le mercredi 21 octobre, notre équipe s’est rendue à la BU Santé de l’Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) pour échanger avec Caroline Lebouvier, responsable du service d’action culturelle des bibliothèques universitaires, et Claire Lévêque, référente d’action culturelle pour la BU Moulin de la Housse.
Au cours de cet entretien, elles sont revenues en détail sur la genèse, la logistique et l’ambition du festival Popcorn, un événement 100% gratuit et ouvert à tous.
C’est quoi le festival Popcorn ?
Le projet Popcorn est né au sein du service d’action culturelle de l’URCA sous l’impulsion initiale de François Godin, prédécesseur de Caroline Lebouvier.
L’idée fondatrice était d’instaurer une programmation culturelle récurrente à travers le réseau des bibliothèques universitaires. Avec Popcorn, l’objectif est de transformer la BU en un lieu de vie chaleureux, convivial et propice aux découvertes.
Initialement imaginé pour se dérouler au mois de novembre à l’occasion du Mois du Film Documentaire, l’événement a finalement été repositionné au mois de mars. La période automnale s’avérait en effet déjà très dense sur le plan universitaire.
D’abord déployé sur les trois bibliothèques rémoises, la BU Santé, la BU Sciences (Moulin de la Housse) et la BU Robert de Sorbon, le festival Popcorn poursuit son expansion. Il s’étend désormais aux sites de Troyes et de Châlons-en-Champagne. L’événement s’adresse prioritairement à la communauté étudiante de l’URCA, mais il demeure totalement ouvert au public extérieur et aux habitants de la région.
Comment sont choisis les films ?
La programmation du festival Popcorn se concentre sur le cinéma documentaire contemporain.
Pour conserver une résonance directe avec les enjeux de société actuels et les attentes des jeunes spectateurs, l’équipe s’impose comme critère de sélectionner des documentaires récents, produits pour la plupart après 2020.
Pour constituer son catalogue, le service culturel s’appuie principalement sur un abonnement à la plateforme ARTE Distribution, reconnue pour la variété et la qualité de ses productions. Pour compléter sa grille de programmation, l’équipe a également collaboré avec des distributeurs indépendants tels que PLT Distribution ou 10.7 Distribution.
Au fil des éditions, la méthode de sélection des films a évolué. Plutôt que de choisir un coup de cœur cinématographique et ensuite chercher un spécialiste capable de l’animer, l’équipe privilégie la démarche inverse. Elle étudie en amont les thématiques de recherche menées dans les différents laboratoires de l’URCA, identifie des enseignants-chercheurs, des enseignants ou des doctorants passionnés, puis sélectionne un documentaire sur-mesure.
Déroulement des séances et projets étudiants
Afin de concilier les impératifs horaires des étudiants, les contraintes de transport et le rythme des cours, les séances sont programmées en fin d’après-midi, sur le créneau 17h – 19h. Chaque rendez-vous s’articule autour d’un format alliant projection d’un documentaire d’environ 50 minutes, suivie immédiatement d’un temps de discussion et de débat de 45 minutes avec l’intervenant spécialisé. La durée totale est pensée pour ne pas dépasser 2h.
Pour lever l’image parfois intimidante des bibliothèques universitaires et offrir une parenthèse ludique, l’espace de projection est réagencé pour chaque séance. Des fauteuils confortables sont installés, accompagnés de boissons, de friandises et, bien évidemment, de popcorn.
Le festival constitue également un terrain d’expérimentation pédagogique pour les étudiants. Lors de la dernière édition, notre groupe s’est directement investi dans l’organisation d’une séance consacrée aux Violences Sexuelles et Sexistes (VSS) avec quatre intervenantes professionnelles. Ce projet collaboratif a permis d’associer la diffusion d’un documentaire à une table ronde engagée, illustrant la capacité du festival à devenir un espace de parole.
Une fréquentation en hausse et un accès libre
Les défis logistiques liés aux calendriers des étudiants, aux transports entre les différents sites universitaires et les imprévus de dernière minute, la mobilisation du public demande une adaptation permanente.
Caroline Lebouvier reprend une pensée philosophique d’Élodie Hemmer (enseignante au SUAPS) pour résumer ces aléas :
« Tu as ton bateau, ton équipement, ton équipage, tu as tout préparé… et puis il y a le vent. Sauf que le vent, tu ne le contrôles pas ».
Malgré ces obstacles, l’intérêt pour le festival ne cesse de progresser au fil des éditions. L’accroissement de la fréquentation, la fidélisation d’enseignants et les retours enthousiastes collectés via les questionnaires de satisfaction confirment la pertinence du format.
Les organisatrices rappellent que toutes les séances du festival Popcorn sont gratuites, libres d’accès et organisées sans inscription.

